Pour préserver la confidentialité de la personne accompagnée, le prénom et certains éléments de son histoire ont été modifiés.
Quand je reçois Marc au début du mois de mars 2026, c’est un DRH en pleine tourmente qui passe la porte de mon bureau.
Marc est sur le fil.
Il ne traverse pas seulement une rupture professionnelle. Il vit une véritable polycrise, à la fois personnelle, familiale et professionnelle.
D’un côté, il y a sa posture de DRH, la lourdeur des responsabilités et les décisions stratégiques qu’il doit porter. Il me fait penser à Philippe Lemesle, incarné par Vincent Lindon dans le film Un autre monde : un homme pris entre les injonctions de sa direction, les conséquences humaines de ses décisions et ce qu’il est encore capable d’accepter.
De l’autre côté, sa vie personnelle se fragilise.
Ce jour-là, Marc vide son cœur d’une seule tirade.
Il ne dort presque plus. Il mange du fast-food devant son ordinateur. Il travaille sans compter ses heures, ses soirées ni ses jours.
Il affirme pourtant maîtriser la situation.
L’échéance est proche, me dit-il. Il va tenir. Il doit tenir.
Il prend même des calmants qu’il considère comme inoffensifs pour continuer à avancer.
Puis il ajoute qu’il se sent défaillant. Que son métier a changé. Qu’il ne se reconnaît plus dans ce qu’on attend de lui.
À la pression professionnelle s’ajoutent les tensions avec sa femme, les contraintes familiales et les remarques de ses parents, de ses amis ou de ses enfants.
« Personne ne peut comprendre. C’est facile de juger et de critiquer. »
Marc est dans le déni.
Mais il sait qu’avec moi, il n’y aura pas de jugement. Il peut déposer ce qu’il retient depuis trop longtemps.
Une surcharge mentale qui s’installe en silence
Marc vit ce que j’appelle une saturation silencieuse.
Chez de nombreux managers et dirigeants, la surcharge mentale ne provoque pas immédiatement un effondrement visible. Elle s’installe progressivement.
La personne continue à travailler. Elle répond aux demandes. Elle prend des décisions. Elle donne même parfois l’impression de garder le contrôle.
Mais intérieurement, quelque chose se fige.
Je vois chez Marc les signaux d’alerte : le manque de sommeil, l’alimentation déséquilibrée, l’hyperactivité, l’isolement, la perte de recul et l’incapacité à s’arrêter.
Le fil sur lequel il avance devient de plus en plus rigide.
Je devine que Marc est à quelques pas seulement du point de rupture.
Je le sais d’autant mieux que je suis, moi aussi, passée par là.
Le masque du manager qui maîtrise tout
Marc porte le masque de la maîtrise.
Le masque du manager solide. Celui qui trouve des solutions, protège ses équipes et absorbe la pression sans jamais montrer ses failles.
Le masque du super-héros.
Mais a-t-il vraiment le sentiment d’avoir le choix ?
Derrière cette façade, la pression l’isole. Plus il cherche à donner l’image d’un homme qui tient, moins il peut reconnaître qu’il est en train de s’épuiser.
C’est cette situation que j’illustre dans mon recueil intitulé Le Manager funambule.
Le manager funambule est confronté à une réalité devenue instable. Il doit avancer malgré une polycrise professionnelle et personnelle, tout en continuant à répondre aux attentes de son organisation, de ses équipes et de sa famille.
Comme beaucoup d’autres, le récit de Marc montre à quel point les émotions — et particulièrement la peur — orientent nos actes et nos décisions.
La peur n’est pas une faiblesse
Que signifie cette peur que vous n’arrivez pas à identifier, à nommer ou à réguler ?
Nous avons souvent appris à considérer la peur comme un obstacle. Dans le monde professionnel, elle peut même être vécue comme une honte ou une preuve de faiblesse.
Pourtant, la peur est avant tout un signal d’alerte.
Elle indique qu’un danger, réel ou imaginé, est perçu.
Elle n’est pas nécessairement là pour nous empêcher d’avancer. Elle peut aussi nous aider à comprendre ce qui menace notre équilibre, nos repères ou notre sécurité.
La peur est une donnée stratégique de notre GPS intérieur.
Encore faut-il accepter de l’écouter.
Derrière la peur de Marc, un besoin de sécurité
La panique de Marc répond à un besoin fondamental : son besoin de sécurité.
Il a un crédit immobilier à rembourser. Il doit financer les études de ses trois enfants. Sa famille dépend en partie de son salaire.
Perdre son emploi ne représente donc pas seulement un changement professionnel. Dans son esprit, cela menace tout son équilibre personnel et familial.
Avant même qu’il puisse analyser rationnellement la situation, son système d’alerte s’est activé.
Son GPS intérieur lui envoie un message : « Attention, tu risques de perdre tes repères et ta sécurité. »
Mais Marc ne l’écoute pas.
Il lutte contre ce signal. Il cherche à faire taire sa peur et à continuer comme si rien ne se passait.
C’est précisément cette lutte qui l’épuise.
Comment transformer la peur en boussole
Mon rôle n’est pas de dire à Marc ce qu’il doit décider.
Mon rôle est de lui permettre de retrouver suffisamment de recul et de clarté pour qu’il puisse prendre une décision juste pour lui.
Notre travail s’est structuré autour de trois étapes : Identifier, Dénouer, Réaligner.
1. Identifier : reconnaître le signal d’alerte
La première étape consiste à arrêter de lutter contre la peur.
Marc doit reconnaître que son état physique et émotionnel n’est pas un détail. Ce qu’il ressent est un signal lié à la polycrise qu’il traverse : transformation professionnelle, pression familiale, fatigue et perte de repères.
Identifier, c’est pouvoir dire :
« Je ne vais pas bien. »
« Je suis en train de dépasser mes limites. »
« Cette situation représente un danger pour mon équilibre. »
Cette prise de conscience permet de sortir du discours automatique : « Ça va aller. Je dois simplement tenir encore un peu. »
2. Dénouer : distinguer le danger réel du risque imaginé
La deuxième étape consiste à écouter la peur pour comprendre ce qu’elle cherche à protéger.
De quoi Marc a-t-il réellement peur ?
De perdre son emploi ? Son statut ? Son niveau de vie ? Le regard de ses proches ? Sa légitimité ? Son identité professionnelle ?
Nous distinguons progressivement le danger réel des scénarios imaginés.
Nous identifions aussi un autre risque, bien concret : celui d’atteindre un point de rupture physique et émotionnel.
Dénouer, c’est permettre à Marc de déposer sa fatigue et son masque dans un espace où il peut respirer, ralentir et penser autrement.
3. Réaligner : retrouver une direction juste
Une fois la peur identifiée et comprise, elle peut devenir une direction.
Elle montre à Marc ses besoins réels : retrouver de la stabilité, de la sécurité, des repères et une capacité de décision.
Nous ne cherchons plus simplement à savoir comment il peut continuer à tenir.
Nous cherchons à comprendre quelle décision lui permettrait de rester fidèle à ce qui compte réellement pour lui.
Réaligner, c’est poser un pas décisif qui ne soit pas une simple réaction de survie.
Retrouver un leadership plus humain
Marc incarne ce que j’appelle le manager hybride.
Un manager qui doit apprendre à faire coïncider sa tête claire — les objectifs, les transformations et les contraintes de son organisation — avec son cœur aligné — ses valeurs, sa santé et ses besoins fondamentaux.
Retrouver son axe ne signifie pas revenir au point de départ.
Cela signifie revenir à soi.
Avec une vision plus claire de la situation. Avec des repères plus solides. Avec la capacité de décider de la suite de sa traversée sans être uniquement guidé par l’urgence ou la peur.
Identifier, Dénouer, Réaligner
C’est précisément l’objectif de mon accompagnement de trois heures « Identifier – Dénouer – Réaligner ».
Cet espace vous permet de prendre du recul, de comprendre ce qui se joue réellement et de retrouver un leadership plus serein, plus humain et plus durable.
Parce qu’une conviction guide chacune de mes interventions :
La clarté précède toujours les décisions justes.
Vous vous reconnaissez dans l’histoire de Marc ? Vous avez le sentiment de tenir, mais vous ne savez plus combien de temps vous pourrez continuer ainsi ?
Je vous propose un premier échange pour faire le point sur ce que vous traversez et comprendre comment retrouver votre axe.
Cet accompagnement relève du coaching professionnel et ne remplace pas un suivi médical ou psychologique. En cas de souffrance importante, de troubles persistants ou de prise de médicaments, il est essentiel de consulter un professionnel de santé.



